Fiche de lecture

 

 


Auteure: Ayobami Adebayo

Titre: Reste avec moi 

NDLR: 7/10


Savez-vous pourquoi vous portez votre prénom? Pensez-vous qu’un prénom peut réellement avoir une incidence sur le destin de son porteur? 

J’aimerais bien avoir vos points de vue sur ces questions. Quant à moi, je réponds à l’affirmatif pour les 2. Je penses qu’un prénom influe sur notre devenir, qu’il détermine notre destin.

Pourquoi je vous parles de prénom alors que je devrais vous parler de livre ? Et bien, parce que le livre que je partage avec vous aujourd’hui parle d’une manière ou d’une autre d’un prénom et de son incidence sur une vie.


« Reste avec moi », c’est le titre. À première vue, il m’a laissé croire que j’aurai affaire à une romance bien assaisonnée à la sauce nigériane. En plus, les premières lignes qui décrivent l’état d’esprit d’une femme qui doit retrouvé quelqu’un m’ont conforté dans ma première impression. Toutefois, plus je m’enfonçais dans les parties et les chapitres , plus je me rendais compte qu’il s’agissait de bien plus que ça et que d’une manière assez spéciale, l’autrice nous parlait d’un sujet important.

J’ai beaucoup aimé le subterfuge de ce titre et le flou partiel qu’il jette sur l’œuvre. On s’attend à beaucoup de choses sauf à ce dont il s’agit en réalité et ça c’est vraiment super. 


L’histoire en elle-même est un tantinet banale et le dénouement assez attendu quand on s’aventure à la quatrième partie. Cependant, ce qui m’a le plus marqué, se sont les thèmes sous-jacent et les leçons qu’on pourrait en tirer.


Il est d’abord question de fertilité et de conception d’un enfant après le mariage. Vous n’êtes pas sans ignorer que la pression de l’enfantement après les noces est encore plus forte que celle du mariage. Il y’a toujours cette question gênante posée aux nouveaux mariés « alors le bébé c’est pour quand?», leur rappelant que la société attend d’eux qu’ils se reproduisent tout de suite. Le plus intéressant, c’est que quand il n’y a pas d’enfant après une certaine période, c’est sur la femme que se posent les regards comme si le problème ne pouvait venir que d’elle. L’homme quant à lui est présumé viril et puissant donc exempt de tous doutes. C’est cette réalité que l’auteure décrit à travers l’histoire de Yejide qui se voit imposer une coepouse parce qu’elle n’a pas encore donné d’enfant à son mari. On la voit se mettre en quatre pour essayer d’avoir ce bébé au point où elle fini par faire une grossesse nerveuse. 

Je penses que l’auteur a vraiment très bien fait ressortir cette culpabilité qui est tout de suite jetée sur la femme et sur comment elle est perçue quand elle n’a pas encore d’enfant : comme une femme incomplète…


Il s’agit aussi d’impuissance masculine. Il y’a beaucoup de récits ou de livres qui content l’histoire d’un homme impuissant qui jette sa femme dans les bras d’un ami ou d’un frère pour qu’elle tombe enceinte ; ce n’est rien de nouveau. Ce qui m’a cependant marqué avec l’histoire de Akin (époux de Yejide), c’est qu’il s’est joué de son épouse non seulement en la jetant dans les bras de son frère mais surtout en ne lui disant jamais qu’il était impuissant. C’est dire qu’il a profité du fait qu’elle était vierge et naïve et n’avait aucune information sur le commerce charnel pour lui faire croire que le fait que son engin ne soit dur était normal. Cette réalité m’a beaucoup touché et je me suis demandé combien de femmes subissent ce genre de tromperie et gardent le secret puis acceptent les brimades de la belle famille qui l’accuse elle d’être stérile.

C’est tout simplement terrible parce que vous et moi savons que tout ceci est bien au delà de la fiction…

J’ai beaucoup aimé le fait que l’autrice ne jette pas son personnage en pâture à des critiques en s’attardant sur les infidélités faites à son mari avec son frère. J’ai aimé qu’elle nous fasses nous focaliser sur le plus important; la tromperie et la fourberie d’Akin. 


Enfin, il s’agit de maternité. En lisant l’histoire de Yejide qui, après avoir tant souffert de ne pas avoir d’enfant, en a perdu 2; je me suis demandée ce que je ferais si j’avais à vivre ce genre de choses. 

Certaines personnes feront certainement un procès d’intentions à celle-ci parce qu’elle a tout fait pour ne pas s’attacher à son 3e enfant et s’est sauvée quand elle a cru que celle-ci était morte. Certains la traiteront de mauvaise mère mais qui peut comprendre une personne qui porte un humain dans son ventre, l’allaite et la minute d’après est obligé de laisser d’autres personnes l’enterrer parce qu’elle n’a pas le droit de le faire? Je me suis dis , en terminant ma lecture, que c’est finalement facile de juger des situations qu’on a pas vécu parce que j’ai aussi jugé Yejide quand elle est partie.

Mais la fin est heureuse et nous ramènes à la question du début, à l’influence d’un nom sur la personne qui le porte. « Reste avec moi » , c’est la traduction du prénom de la dernière née de Yejide. Un nom significatif pour un enfant qui vient après deux autres morts en bas âge. Un nom difficile à porter parce qu’il rappelle les souffrances passées mais un nom prophétique quand même qui somme le nouvel être à faire de son mieux pour ne pas s’en aller aussi.

J’ai beaucoup aimé qu’elle revienne sur invitation d’Akin , pensant lui demander comment sa petite dernière était morte mais que finalement c’est sur cette petite qu’elle tombe; bien en vie. 

À la fin elles sont toutes les deux et on se rend compte que finalement , cette enfant est à Yejide et à aucune autre personne. Elle est la raison de ses souffrances et la preuve que finalement , le problème ce n’est pas toujours l’épouse…


Dans l’ensemble j’ai bien aimé même si j’ai trouvé que certaines choses manquaient de logiques surtout dans l’enchaînement de leur récit. N’empêche, j’ai passé un agréable moment et le livre est si facile à lire que je l’ai pratiquement terminé d’une traite. Il vaut un peu la hype qu’il a vu les sujets sensibles qu’il aborde et je suis contente que Yejide ne se soit pas remise avec Akin et soit restée avec sa fille!


J’espère en tout cas que vous aimerez cette fiche qui est un peu tirée par les cheveux je penses 🤣 et que vous passerez une bonne journée et une bonne semaine.


Nous nous disons à bientôt pour de nouvelles aventures…


Bien à vous, Bee.


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Crédit photo: moi-même 


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